CHLOROTICA
Vidéo, V-jing, performance, sérigraphie et création musicale. Projet en collaboration avec Rili Kajiyama et Mey-Lynn Dichant, 2025.
Toujours en questionnant ce rapport entre homme et nature, nous nous sommes intéressées aux algues vertes toxiques de Bretagne. La prolifération de ces algues est due aux déjections des cochons des élevages hors-sols qui sont déversées en masse dans les cours d’eau. En se décomposant sur les plages, elles libèrent un gaz mortel. Nous avons exploré les tensions de ce sujet à travers plusieurs supports, dont cette vidéo réalisée avec une danseuse, traduisant la lenteur, la menace latente de cette matière vivante par la rencontre entre l’humain et l’algue.
Dans un second temps, nous avons réalisé des sérigraphies à partir de photos que nous avions prises de textures et de formes issues du vivant qui dialoguent avec ce rapport entre nature et toxicité. Nous avons également imprimé sur tissus la limace marine Elysia Chlorotica — capable de photosynthèse grâce à son alimentation à base d’algues — a donné son nom au projet. Ce médium nous a permis de questionner plastiquement cette ambivalence entre vitalité et poison avec des contrastes entre des couleurs fluo, des encres phosphorescentes, très artificielles et des tons plus naturels.
Enfin, dans ce troisième acte du projet, l’humain entre en fusion complète avec l’algue. À travers des projections vidéo en direct, chacun de ses mouvements influe directement sur la forme des algues, jusqu’à effacer toute distinction entre les deux entités. Cette dernière phase performative rend visible une relation symbiotique, où les frontières entre matière organique et corps humain se brouillent.